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Le "tambour parleur", confisqué par la France en 1916, fait son retour en Côte d'Ivoire
information fournie par Reuters 13/03/2026 à 17:51

La Côte d'Ivoire salue le retour du tambour de parole de la France

La Côte d'Ivoire salue le retour du tambour de parole de la France

par Loucoumane Coulibaly

La Côte ‌d'Ivoire a célébré vendredi le retour du "tambour parleur" (Djidji Ayôkwé), objet sacré confisqué ​par la France en 1916 et restitué par l'ancienne puissance coloniale en vertu d'une loi de 2025 sur la restitution des biens culturels pillés.

Au total, ​148 biens doivent être remis à la Côte d'Ivoire, qui avait officiellement demandé le retour ​du tambour en 2019, "entité spirituelle" que le ⁠président Emmanuel Macron s'était engagé à restituer lors du sommet France-Afrique ‌de 2021.

L'objet, le premier restitué, était dans les collections françaises depuis les années 30. D'abord exposé au palais du gouverneur ​à Abidjan, il avait ‌été transféré en France en 1930. Il était ces ⁠dernières années conservé au musée du Quai Branly-Jacques Chirac, à Paris.

"Djidji Ayôkwè", qui signifie "panthère-lion" en langue atchan, mesure plus de trois mètres de long ⁠et pèse près ‌de 400 kg, selon le ministère de la Culture de ⁠la Côte d'Ivoire.

Il était utilisé par le peuple Ébrié (Atchan), originaire du sud ‌de la Côte d’Ivoire, pour alerter les habitants des opérations ⁠de travail forcé menées par les colonisateurs et pour ⁠mobiliser les combattants.

La ‌cérémonie de vendredi s'est tenue en présence de chefs traditionnels au principal aéroport ​du pays, ponctuée de chants ‌et de danses guerrières.

La ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a ​déclaré qu'il s'agissait d'un "jour historique".

Vêtu d'un pagne traditionnel, Gervais Djoman, chef d'un village atchan, a déclaré vendredi à Reuters que le retour ⁠du tambour parlant était une source de joie et de fierté pour son peuple.

La pression s'est intensifiée ces dernières années pour que les anciennes puissances coloniales, telles la France et la Grande-Bretagne, restituent les objets d'art pillés en Afrique et en Asie.

(Rédigé par Loucoumane Coulibaly ; version française Coralie Lamarque, ​édité par Sophie Louet)

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